04.03.2008
Au sens propre
Exercice amusant : développer une expression figurée au sens propre.
Tous les soirs après le dîner je lance le lave-vaisselle. Je progresse vraiment, j’atteindrai bientôt le mur du fond de la cuisine, je suis presque prêt pour la compétition de lancer du lave-vaisselle dans un mois au salon de l’électroménager. Comme on partage les tâches ménagères, ma femme, elle, bat toutes les voisines au lancer de machine à laver.
Ca me touche, ce que tu me dis. Evidemment, je préfère quand tes paroles sont douces et caressantes, car quand tu t’énerves ça cingle ça fait mal. Mais ce que je préfère, c’est quand tu te tais. C’est mon corps. On n’y touche pas.
J’ai l’estomac dans les talons. Je l’écrase à longueur de journée, alors parfois, pour qu’il ai un peu de répit, je fais le poirier. Ca me retourne l’estomac, alors je mange moins. Ce qui fait que j’ai à nouveau l’estomac dans les talons.
Elle a des yeux de braise. Ses orbites sont déjà tout brûlés alors ses yeux sont tombés dans sa tête, ça lui carbonise la cervelle. Bientôt, il ne resta plus rien d’elle. C’est dommage, j’étais tout feu tout flamme depuis que je me consumais pour elle.
Ca me donne des ailes. C’est d’être trop gentil, je crois, trop bon tout le temps, avec tout le monde. Ca a commencé par deux petites bosses douloureuses dans le dos. La douleur s’est apaisée quand les ailes ont éclos, mais maintenant qu’elles sont là, j’ai du mal à m’habiller. J’ai n’ait plus qu’à faire mille horreurs aujourd’hui pour recouvrer mon apparence normale. A mois que je ne me réveille demain avec des cornes et une queue pointue…
Elle est maigre comme un clou. Quand j’achète un nouveau calendrier, elle est bien utile. Quand je monte une étagère, elle arrive à point. Quand elle dépasse du plancher sous mes pieds nus, je la maudis. Quand quelqu’un me déplaît je construis un fétiche, elle est la partenaire idéale. Sous le roue de ma voiture le matin alors que le chat avait vomi et que j’ai dû chercher mes clés, c’en est trop, je la jette.
J’ai deux mains gauches. Chaque jour c’est l’enfer, et ce depuis la maternelle : découper avec des ciseaux, couper la viande, serrer les mains, acheter des gants, taper sur un clavier, jouer de la guitare, du piano, de la clarinette… Enfin, dans mon malheur j’ai de la chance : je suis ambidextre.
(à lire tout haut) Elle a un cheveu sur la langue. Ca s’enroule, ça se faufile, mais ça ne déloge pas. Toute la journée, elle siffle, elle crache afin de chasser l'indiscret, qui se prélasse là sans se soucier d’un jour être expulsé à grands coups d’exercices de prononciation.
Ce matin je me suis levé avec la tête dans le cul. J’espérais donner le change en ingurgitant quelques grandes jattes de café bien fort, mais non seulement ça n’a pas été facile – j’en ai mis plein mon slip – de plus personne n’était dupe, ça se voyait comme le nez au milieu du visage que je n’avais plus la tête sur les épaules, ni les yeux en face des trous.
J’ai acheté un chat dans un sac. Je me balade partout avec lui, c’est un style de vie à assumer. Toujours j’attire le regard, admiratif, désapprobateur, certains s’esclaffent, d’autres m’accostent, personne ne reste indifférent à la tête de chat dépassant de mon sac. Le soir, je le range à la cave car il a tendance à miauler nuitamment, mais son principal avantage s’étale au grand jour, et je vois poindre des regard jaloux lorsque, au petit matin, assise sur un banc sur le quai de la gare couvert de givre, il me tient chaud, immobile sur mes genoux.
Je vais lui tirer les vers du nez. J’en vois déjà un gros qui pendouille, je l’attrape je tire je le tiens. En voilà un autre, plus petit et plus vif, il ne se laisse pas prendre facilement, mais je l’aurai aussi. Voilà, son nez est enfin vide, on se sent tous plus légers.
Elle est pâle comme un linge. C’est pratique de l’avoir à la maison : quand j’ai les mains moites je les lui passe sur le visage, quand je renverse quelque chose je lui écrase la figure par terre. Ce qui m’embête c’est qu’elle ne rentre pas dans la machine à laver.
16:45 Publié dans atelier d'écriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
le plus fatiguant, c'est de remonter le chauffage. Regarder si les poubelles passent est bien plus léger...
Écrit par : Marksön | 04.03.2008
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