03.03.2008
La maison de mon enfance
1° le cliché - 2° l'exagération
La maison de mon enfance est claire et spacieuse, elle résonne de joyeux cris d’enfants.
Chaque chambre a sa couleur, du papier peint fleuri aux légers rideaux de voile.
Le grenier attire et effraye à la fois, c’est le lieu interdit où nous nous réfugions pour des réunions secrètes quand, au milieu de l’après-midi, les adultes font la sieste.
Quand la nuit tombe, le feu crépite dans l’âtre, répandant un enivrant parfum d’aiguilles de pin et de bois brûlé.
Le dimanche midi, on déguste un poulet ou du gigot d’agneau, avec des pommes au four. Nous nous disputons les meilleurs morceaux, que grand-mère garde invariablement de coté pour ses petits-enfants chéris.
Le palais de ma genèse est étincelant et démesuré, il clame de délirants hurlements de nouveaux-nés.
Chaque salle a son propre ton, des murs bariolés aux lourdes tentures de velours.
Les comblent aimantent et déclenchent à la fois des phobies, c’est l’antre infernal où nous nous emmurons pour des sabbats interdits quand au cours de la nuit, les vieillard plongent dans le coma.
Le lundi, au zénith, on s’empiffre d’autruche ou de gigot de bouc, avec des potirons à la broche. Nous nous entretuons pour les plus délectables pièces de viande, que l’aïeule cache invariablement pour ses derniers descendants adulés.
21:28 Publié dans atelier d'écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
à lire dans ce registre de l'exagération poétique sur le souvenir d'enfance : Joseph ORBAN, Les gens disaient l'étable, ed Le grand Miroir, 2007 (87 p, 12 e)
Écrit par : christine | 10.03.2008
à lire dans ce registre de l'exagération poétique sur le souvenir d'enfance : Joseph ORBAN, Les gens disaient l'étable, ed Le grand Miroir, 2007 (87 p, 12 e)
Écrit par : christine | 10.03.2008
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